"Je voulais faire un film très créatif au niveau visuel. Raconter l’histoire avec des images.
Une histoire où chaque vue exprimerait un sentiment du bonheur, de la tristesse, dans un décor naturel."
Kaneto Shindō

Au Japon, sur une minuscule île de l'archipel de Setonaikai, étroite montagne qui pointe hors de la mer, une famille travaille sans interruption pour cultiver une terre aride.

La difficulté de la tâche provient du manque d’eau et ramener cette eau précieuse pour arroser légumes et graminées nécessite d’incessants voyages en barque entre l’île voisine et leur bout de terre .

Godiller sur une barque, remplir les seaux, les porter à dos d’hommes, revenir sur l’île, l’acheminer péniblement et précautionneusement le long des raides pentes de la montagne pour enfin la répartir équitablement entre plantes, animaux et hommes,

c'est autant de gestes renouvelés  qui rythment les saisons et  le quotidien de cette famille, autant de gestes filmés dans de longues séquences qui se répètent inlassablement  tel un ressac qui nous conduit inévitablement vers le drame.

L’île nue c’est un film du geste, un film sur l’expressivité des visages, une bulle de beauté et de contemplation.  

L’absence totale de dialogue portée par la musique lancinante presque ensorcelante d’Hiraku Hayashi contribue à renforcer cette beauté visuelle et à transformer ces corps qui se plient, vacillent, souffrent et résistent sans gémissement en une superbe chorégraphie en noir et blanc.

Kaneto Shindō nous offre une œuvre sincère d’une profonde intensité dramatique et d'une beauté éblouissante.

"Cultiver toujours plus haut", "Terre aride", "Champs étroits"